Professeur tournesol
Les visites, les visites ça va
un moment, mais quand c’est trop c’est trop ! Alors là j’ai fait acte
d’autorité et direct au « Aviation and Space Museum de Moscou » rien
que le nom, ça pette déjà !
On imagine déjà les grandes
salles, bardées de technologies pour nous faire découvrir les avancées Aéro et Spaciales
russes, les écrans géants et les hôtesses, grandes blondes pour nous accueillir
(bon là j’en fais un peu trop, mais ça aurait été pas mal !)
Bon pour faire court, après une
heure de métro et ½ de marche dans le nord de Moscou, nous tombons sur un
immeuble en décrépitude avec une petite porte d’entrée en bois sur laquelle est
accrochée un panneau où nous avons du mal à lire « SPACE ». Alors là
je me retourne vers ma « soumise » (j’aime bien, et puis après le coup du goulag je lui devais bien ça)
et je lui dis avec fierté « C’est LA ». Nous entrons dans cet
immeuble un peu miteux où nous accueille une retraitée, surprise de recevoir ses
premiers visiteurs de la journée à 16H30. Elle nous indique en russo/anglais
qu’il y a trois salles consacrées à l’Aero, le spacial et le militaire, puis
nous accompagne dans la partie aéro et nous laisse découvrir les débuts de l’aéro
russe à Pau et au Mans dans les écoles des frères Wright. Puis les avions de la
1ère guerre mondiale et le début de la deuxième (il me semble que la
copie est un art certain et non-assumé chez les russes). Nous retrouvons des
copies de tout, DC3, Spitfire, Concorde et bien d’autres. C’est à ce moment que
l’histoire se gâte !!
Une espèce d’Almasty coupé de professeur Tournesol
sur-vitaminé, entre dans la salle et stoppe net derrière nous (pour l’anecdote
il a une branche de ses lunettes sur le front et l’autre sur une oreille, sa
chemise est en partie déboutonnée. Son pantalon, plutôt très sale et tenu par
une ceinture qui est à moitié accrochée lui remonte bien dans les
fesses !)
À partir de ce moment, le professeur Tournesol
(directeur du musée, passionné d’aéro et petit-fils d’un constructeur d’avions
russes) est lancé ! Il nous prend énergiquement sous son aile et nous fait
découvrir le musée au pas de charge (spécialité russe). Nous passons au galop à
coté de tous les tableaux et photos, avec des commentaires concernant essentiellement
les ingénieurs qui ont fait la réussite aéro du pays (Antonov, YAK, Tupolev, Iliouchine,
etc.)
Il est tellement pressé de nous raconter qu’il en oublie régulièrement de
respirer. Quand il n’en peut plus, il s’arrête entre deux phrases et prend deux
longues respirations et repart à « donf ».
| les premiers vols avec un Antonov 25 dont des vols sur les USA via le pole nord |
| les avions qui ont fait trembler les américains |
| la vraie capsule de Laika |
À chaque question relative
à la ressemblance de certains avions avec des avions occidentaux, la réponse
porte sur un autre sujet !!
Incroyable personnage ! Nous terminons la visite de la partie
spatiale et il nous amène au pas « trot-galopé » à l’extérieur du
bâtiment sur un parking où nous trouvons, entre deux voitures, un fourgon et un
vendeur de bouteilles de gaz, une véritable capsule Soyouz posée là comme si
elle venait d’atterrir.
Incroyable ces russes ! Puis il nous
quitte presque aussi rapidement qu’il est arrivé. Nous restons là quelques
instants, un peu éberlués par ce bonhomme et presque à bout de souffle pour
lui.
En synthèse, l’histoire
aéronautique russe est évidement extrêmement riche et passionnante.
Commentaire de Natacha :
Professeur Tournesol était
tellement content d’avoir des français, pilotes de loisirs, passionnés
d’aviation qu’il voulait tout nous montrer. J’ai découvert l’histoire de
l’aviation russe, peu connue en France me semble-t-il. Aviation médicale, militaire
mais pas avec une priorité postale comme en France. Des développements
parallèles mais non similaires. Un dénominateur commun que l’on retrouvera plus
tard : l’influence importante de la France.
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