Conduite iranniene

Les iraniens ne conduisent pas ! Ils tiennent accessoirement leur volant lorsqu’ils sont dans leur voiture. Je dis bien accessoirement, car ils sont plus préoccupés par la discussion qu’ils ont avec leurs passagers, qu’ils regardent bien dans les yeux. Ou bien, ils sont au téléphone. On en a même vu qui ont le bras sur le dossier du passager avant, en pleine conversation et le pied gauche sur le tableau de bord. La notion du monde qui les entoure est assez relative et fort lointaine de la nôtre.
Le clignotant est peu utilisé voire pas du tout. Ils ondulent nonchalamment entre les voies de circulation, frôlant presque le voisin en toute impunité. Si le véhicule qui les précède ne roule pas assez vite, ils le collent de très très prés. On s’est vu leur faire des signes pour qu’ils s’éloignent, mais ils ne semblent pas comprendre. Sur les autoroutes, ils descendent leur vitre pour nous saluer gentiment et parfois même conduisent en nous prenant en photo ou en nous filmant, au risque de nous percuter.
Les queues de poisson font légion mais ne sont pas méchantes !!
 
Les feux passent du rouge au vert en passant par l’orange. Il faut démarrer à l’orange sinon on se fait klaxonner ! La circulation est particulièrement dense et il vaut mieux suivre le flot au même rythme sinon on se trouve en décalage et cela devient dangereux.
Ils viennent tous nous voir quand on s’arrête pour nous demander d’où l’on vient. Ils sont toujours très gentils et prêts à nous aider. Ils veulent tous se prendre en selfie avec nous et la moto.
Lorsqu’on est en ballade à pied, ils nous dévisagent. Marc a porté un short quelques jours, puis s’est ravisé sur le pantalon tellement les filles gloussaient sur son passage et les garçons le regardaient de la tête aux pieds. Un jeune est même venu marcher à côté de lui et discuter. « J’adore votre style décontracté » lui a-t-il dit !! Ils ont papoté quelques minutes puis il nous a quitté en nous souhaitant une bonne soirée.
Les filles me regardent et me font souvent des sourires ou des clins d’œil. Je porte souvent un foulard coloré et visiblement cela leur plaît. C’est un peuple généreux et souriant malgré le contexte de l’embargo.



Samedi 14 juillet, Marc choisit une route qui nous mène dans les montagnes. Au détour d’un virage, nous apercevons un avion posé sur un poteau, en démonstration statique. Le lieu est entouré de grillage et on se gare devant un portail pour le prendre en photo. Le portail s’ouvre et on nous invite à entrer. On s’approche de l’avion, on discute et on nous offre gentiment le thé. On explique la suite du parcours et là une, puis deux, puis trois et ensuite quatre personnes nous dissuadent gentiment de prendre ce chemin. On fini par comprendre « dangerous for tourists » !
 
Bon, on se ravise et on prend la direction de la ville d’Ouchan. On y rencontre un allemand en Triumph avec lequel on s’arrête boire un autre thé. Comme Marc n’a toujours pas reçu sa lettre d’invitation pour le Turkménistan, il nous parle de Mashhad. Tout compte fait, ce sera notre destination du jour. Nous réussirons à obtenir nos visas de transits turkmènes au consulat, ouvert de 16h à 16h30.

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